Interview de Zappy Max par Matthieu Moulin

Quelle émotion pour nous de bavarder en 2017 avec une idole des années 40 et 50, aussi populaire que ZAPPY MAX ! Cela parait irréel tant les années ont passées et pourtant ZAPPY MAX est bien là devant nous, du haut de ses 95 ans !

MM : Comment Max Doucet est-il devenu Zappy Max ?
ZM : Quand je suis revenu d’exode, j’ai refusé de travailler pour l’occupant. Du coup j’ai monté un quintette d’harmonicas avec des copains. Mais le STO m’a vite rattrapé, le numéro a été dissous et je dois rejoindre l’Allemagne. Fin 43, je reviens à Paris, je deviens professeur de claquettes, et en octobre 1944 j’auditionne devant Jacques Hélian qui décide définitivement de mon nom d’artiste : Zappy Max !
MM : Je crois savoir les années Hélian sont l’un de vos plus grands souvenirs ?
ZM : Oui, de bien belles années. Il m’a signé le contrat tout de suite. Pendant près de trois ans, ça n’a pas arrêté une seconde, on n’avait même pas le temps de répéter ! Les musiciens et les chanteurs déchiffraient les partitions une heure avant les émissions ou les enregistrements, on se rôdait sur scène facilement car on chantait tous les jours. Et le public a adhéré immédiatement. On vivait orchestre, on mangeait orchestre, on dormait orchestre ! Mais quel succès nous avons eu !
MM : Après vous décidez de voler de vos propres ailes ?
ZM : En sortant de chez le dentiste, je croise une camarade Rue Bayard, qui m’informe que Radio Luxembourg cherche des animateurs. Au bout de cinq minutes, j’obtiens un rendez-vous avec le directeur des programmes. Quinze jours plus tard, me voici catapulté présentateur sur la scène du cinéma-théâtre Le Ranelagh pour animer "Le Jeu des gages" !
MM : Puis il y eut le fameux Crochet ?
ZM : Oui, avec le Radio Circus itinérant. J’ai hérité du Crochet que présentait Saint- Granier avant-guerre. Et en remplacement de "L’article 12", j’ai inventé "La bise à Zappy" ! Tout le public hurlait ça afin que les candidates fassent "La bise à Zappy" ! Quelle ambiance quand même. Il n’y avait pas encore de télévision, les gens écoutaient la radio, c’était magique. Avec la radio, on peut imaginer faire travailler son imagination. Sentiment qui n’est pas possible avec la télévision.
MM : Vous étiez aussi connus que Tino Rossi ou Edith Piaf ?
ZM : Je ne me rendais pas compte de ma notoriété à l’époque. C’est aujourd’hui que je m’en rends compte ! J’ai fait mon métier en artisan, ça roulait, du moment que mon patron me disait « Continuez comme ça », j’étais heureux ! Vous savez, j’ai fréquenté absolument toutes les vedettes du cinéma et de la chanson, du théâtre et de la radio. On ne s’admirait pas comme aujourd’hui entre artistes, on se trouvait sympathique, on disait « Tiens, il a du talent », mais on n’avait pas de réaction de fan, on connait trop l’envers du décor.
MM : Comment en êtes-vous venu à enregistrer chez Festival ?
ZM : La marque de disques Festival était rattachée aux "Programmes de France" de Radio Luxembourg. Comme j’appartenais aux "Programmes de France", j’ai enregistré toute une série de disques avec Roger-Roger, Jo Moutet et André Verchuren. Ce sont justement ces disques 78 tours que vous avez repris ici, et qui, je l’espère de tout coeur, rappelleront des tas de souvenirs au public !

Nous n’en doutons pas un seul instant et nous sommes toujours très émus de partager ces moments précieux avec l’artiste en personne ! Merci Zappy Max !